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Les What Works Centres britanniques : la preuve des politiques ville intelligente par l'exemple

Publié le par Michel Rousseau

#SmartCity #SmartGov

Le dernier rapport de l'ANSA concerne la preuve de l'efficacité des politiques publiques et l'exemple de modus operandi proposé par les "What Works Centers" du Royaume Uni, dont on aimerait bien voir une rapide transposition dans l'Hexagone.


Si vous êtes pressés, contentez-vous de lire la note de synthèse ci-dessous. Sinon, téléchargez l'intégralité du rapport.

Synthèse
La recherche de solutions efficaces aux difficultés sociales, sanitaires et économiques persistantes explique l’intérêt croissant d’une approche de « politique publique fondée sur la preuve de l’impact réel desdites politiques sur les populations concernées».

Ces difficultés peuvent en effet prendre diverses formes, depuis les inégalités sociales dès la petite enfance au décrochage scolaire, en passant par le chômage, les inégalités économiques entre territoires, les comportements à risque jusqu’à la perte d’autonomie des personnes âgées.


En France, l’expérimentation sociale corrélée par une évaluation d’impact, en particulier, a connu un certain essor durant la dernière décennie.


Cette approche est venue compléter la riche tradition française
d’évaluation des politiques publiques en apportant une promesse nouvelle : mesurer l’effet causal des politiques publiques sur leurs bénéficiaires.


L’espoir était de disposer de méthodes rigoureuses permettant d’allouer les ressources aux dispositifs dont les effets auraientété démontrés (principe cqfd).

Toutefois, quid de la faisabilité et de l’utilisation des évaluations d’impact, notamment pour les politiques sociales et économiques? Le nombre de ces expérimentations reste hélas relativement faible. S’il existe des éléments de preuve d’impact sur certaines interventions à l’étranger, on manque de mesure d’impact probante dans le contexte français, les évaluations réalisées à l’étranger n’étant pas toujours transposables.

Quand ces évaluations d’impact existent, rares sont les décideurs ou les professionnels ayant le réflexe de les étudier.


Ceux qui souhaiteraient s’emparer des enseignements des évaluations peinent à le faire, puisque leurs résultats sont rarement diffusés sous une forme largement appropriable. Par conséquent, ces évaluations d’impact sont peu connues des praticiens et des décideurs publics et peu mobilisées pour éclairer les décisions politiques ou pour informer les pratiques sur le terrain.

Pour identifier des démarches à même de renforcer le lien entre l’évaluation d’impact et les politiques publiques, l’Agence nouvelle des solidarités actives (Ansa) et ses partenaires, France Stratégie, le Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP), le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), Santé publique France, la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), ont mené en 2016 une étude du fonctionnement des What Works Centres britanniques.

Partant du principe qu’il faut du temps et des moyens pour amener
« la preuve » au cœur de l’action publique, le gouvernement britannique a soutenu ces dernières années le développement de structures dédiées au transfert de la connaissance – notamment des évaluations d’impact – dans différents champs de l’action publique : les What Works Centres.

Les neuf What Works Centres britanniques ont pour objectif principalde contribuer à l’appropriation des enseignements des évaluations d’impact par les professionnels et les décideurs politiques au Royaume-Uni.


Dans des domaines aussi divers que l’éducation des enfants défavorisés, la prévention précoce ou le développement économique local, les interventions étudiées portent d’abord sur des pratiques de terrain. Grâce à leurs revues systématiques, ces centres sont désormais reconnus par de nombreux acteurs de leur domaine comme des « guichets uniques » vers les évaluations d’impact. La réalisation de ces revues systématiques n’a pas été sans difficulté, se heurtant parfois au manque d’évaluations d’impact existantes et à la complexité liée au transfert des interventions «efficaces» d’un contexte à un autre.

Certains centres ont ainsi été amenés à diversifier leur approche (notamment à compléter les évaluations d’impact par d’autres types de « preuves » de nature plus empiriques ou qualitatives), d’autres à susciter et à financer de nouvelles évaluations d’impact pour identifier les interventions les plus efficaces ou les innovations les plus prometteuses dans le contexte britannique.

Les What Works Centres diffusent les enseignements de leurs revues systématiques et aident les professionnels à s’en emparer.


Ils mettent à disposition sous des formes didactiques les résultats de différentes interventions, permettant de comparer leurs effets et leurs coûts.

Ainsi, ils se sont rendus rapidement utiles pour les décideurs politiques et les professionnels. En complément de ces actions, certains centres accompagnent les acteurs pour une meilleure intégration des connaissances dans les politiques qu’ils mettent en œuvre.

La plupart des centres ciblent les cadres intermédiaires et les professionnels de terrain, avec des outils d’aide aux professionnels et des actions territoriales d’essaimage. Ces actions en sont à leur début : leur efficacité n’est pas encore démontrée, même si certaines semblent prometteuses.

Les What Works Centres continuent d’améliorer et de tester leurs approches de diffusion. Ils reconnaissent également que la réussite de leur mission passera par une évolution des cultures professionnelles, ce qui exige une action dans la durée.


Tous les centres promeuvent l’évaluation d’impact. Deux accompagnent et financent des évaluations et des expérimentations.

Ainsi de l’Education Endowment Foundation, laquelle a engagé 127 évaluations (dont 105 avec randomisation) impliquant 7 000 écoles, soit une école sur quatre en Angleterre.

Un tel déploiement a permis de faire émerger des innovations et d’en mesurer l’efficacité, de nouer des relations fortes entre ce centre et les acteurs de terrain et d’enrichir la base de connaissance sur ce qui «fonctionne » pour réduire des inégalités scolaires.

L’expérience de ce centre est riche d’enseignements pour ceux qui souhaitent conduire de telles évaluations d’impact en France.

Bien que le Royaume-Uni et la France diffèrent, notamment sur la place de la « preuve » pour justifier les choix d’action publique, ces différences ne semblent pas insurmontables : l’étude montre que les What Works Centres ont trouvé leur place dans des domaines où les décisions sont centralisées, comme décentralisées, en ciblant notamment les professionnels de terrain, qu’ils soient a priori sensibles ou non à cette démarche.

L’Ansa et ses partenaires souhaitent promouvoir l’étude de la création ou de la reconnaissance de démarches ou de structures d’inspiration « What Works » en France comme un moyen prometteur de faire progresser les politiques publiques fondées sur la preuve.

Ces centres pourraient prendre la forme de nouvelles structures, d’équipes au sein des administrations ou de centres « réseau en étoile » coordonnant un partenariat d’acteurs. De tels centres ne réussiront que s’ils se consacrent à des missions claires, dans la durée, dans des domaines bien définis et disposent des moyens suffisants.

Leur rigueur méthodologique, leur indépendance et leur transparence seront également des facteurs clé de réussite.

Enfin, pour avoir un impact sur les politiques et pratiques, il s’agira de mettre les attentes des décideurs et des praticiens au cœur
de leur action.

Quel que soit le domaine d’intervention, les acteurs font face aux
mêmes défis pour élaborer et mettre en œuvre des politiques fondées sur la preuve. Aujourd’hui, il n’existe pas de support dédié à la promotion de ces approches qui soit commun à l’ensemble des parties.

L’Ansa et ses partenaires proposent ainsi de créer un réseau transversal réunissant décideurs politiques, chercheurs et professionnels de terrain autour de la question des politiques publiques fondées sur la preuve, à l’image de l’Alliance for Useful Evidence au Royaume-Uni.

http://www.strategie.gouv.fr/…/…/ansa_rapportwwc_2017_vf.pdf

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Angelilie 21/04/2017 22:04

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte et un enchantement.N'hésitez pas à venir visiter mon blog. au plaisir